Renaissance Noire
Editeur: Vies paralleles Date de parution: 11/03/2016 EAN: 9782960155945 Langue du livre: Français Nature de l’article: Book
8 280 Ft
Catégorie: Littérature
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Présentation

De quoi sommes-nous fait ? Assurément de ce qui nous précède. Mais s'il nous parait évident d'appliquer cette logique à nous-mêmes, le passé nous semble composé d'éléments clos sur euxmêmes. Nous saisissons l'Histoire par blocs : la Renaissance est humaniste et pas autre chose, le baroque est extravagant et n'est que cela. On découpe le réel en tranches. On le débite pour le mieux circonscrire. Mais on en oublie qu'il n'est pas que cela. Et qu'il déborde les moyens que l'on forge pour l'approcher. Deuxième tome du démesuré Bréviaire de Saint-Orphée, Renaissance noire, s'il continue bien le projet titanesque de l'Ogre hongrois de saisir dans son ensemble la totalité du réel, n'en est pas la suite servile. Centré - entre autres - sur les personnages de Monteverdi, Brunelleschi ou Tacite, le second volume nous plonge encore dans Venise, mais une Venise renaissante. Dont Miklos Szentkuthy démontre génialement qu'elle se situe aux antipodes de l'image d'Epinal que l'on dresse souvent d'elle. Aussi érudit qu'En Marge de Casanova (premier tome réédité l'année passée), mais plus classique dans son articulation moins fragmentaire, ce tome-ci est probablement plus « facile » d'accès. Il peut plus facilement convenir à un public plus large, d'historiens ou d'amateurs de la Renaissance, ainsi qu'à des passionnés de musique ou des origines de l'architecture moderne, qui y trouveront nombre d'aliments neufs propices à alimenter leur passion. En ce sens, Renaissance noire est peut-être l'une des portes d'entrée idéale dans ce chef-d'oeuvre du vingtième siècle !
© Vies Paralleles

L'auteur / la collection

Les grandes lignes de la biographie de ce professeur d’anglais ne sont pas compliquées : il aura passé sa vie à lire à écrire et à traduire (Swift, Dickens, et surtout Joyce à qui on a pu l’apparenter). (…)
Le monde du mythe fascine Szentkuthy autant que le plaisir des corps. Dans une débauche d’imagination visionnaire, ce savant profondément enraciné dans la culture européenne résume l’Europe, lui rend hommage, lui dit adieu.
Szentkuthy est un esprit universel : intéressé par l’esprit comme par la matière, par la nature comme par les êtres humains, déchiré entre une esthétique riche, foisonnante, baroque, spectaculaire, et la linéarité de l’ascétisme et des mathématiques, il ne fait que chercher des associations dans le monde des choses. L’abstraction, le passage de l’analyse macroscopique à la synthèse généralisatrice, une écriture prolixe, impétueuse, fantaisiste, font de Szentkuthy un écrivain peu accessible mais d’une richesse inépuisable.
© Eva Toulouze, traductrice de Vers l’unique métaphore et de En lisant Augustin

La lecture de Miklós Szntkuthy s'accompagne d'effets plus ou moins immédiats, mais toujours salvateurs : éblouissements, vertige, abattement, saturation, etc. – l'impression domine, peu commune, de se trouver confronté à un prodigieux geyser de pure intelligence, réflexive et créatrice, en activité permanente.
© Bruno Gendre, Les Inrockuptibles, 7/20 août 1996.