Larcenet Manu

Né en 1969 de parents connus (et gentils), Manu Larcenet vit à Vélizy une enfance peinarde — en dehors des crises d'angoisse qui lui gâchent la vie. Vers dix ans, il se lance dans la BD, il en fait tous les jours et il n'arrêtera plus jamais. En 1991, il tente de se faire réformer de manière assez violente, mais ça ne marche pas, et il gagne un séjour en bataillon disciplinaire — une expérience qu'il ne souhaite pas à son pire ennemi. (Quoique.). Libéré, il emménage dans un squat avec des copains musiciens et se lance à fond dans la musique, tout en continuant de dessiner. Ses dessins passent dans différents journaux de rock. Il intègre Fluide glacial en 1994. Là, il devient à la mode et tout le monde le veut : Spirou, Dupuis, Glénat, etc. Dans la foulée, il fonde avec Nicolas Lebedel sa propre boîte d'édition, "Les Rêveurs", où il publie quelques albums autobiographiques qui ne cadrent avec aucune structure. Vers la fin du XXe siècle (en gros), il rencontre Guy Vidal et sa collection Poisson Pilote encore en gestation. Le courant passe, et il s'installe chez Poisson Pilote avec Trondheim et Les Cosmonautes du futur (2000 - 2004), puis avec son frère Patrice Larcenet et Les Entremondes (2000 - 2001), puis tout seul avec Le Temps de chien (2002), Nic Oumouk et Le Combat ordinaire (2003 – 2008). Ce dernier obtient le prix du meilleur album du Festival d'Angoulême en 2004. Entre-temps, en juin 2001, il quitte Paris et ses lumières pour la brousse lyonnaise. Ce virage existentiel notable nous vaut Le Retour à la terre, formidablement scénarisé par son copain Ferri, qui traite de l'exode urbain. Larcenet a également travaillé d'arrache-pied sur Blast - récit très noir, traitant librement de sa part d'ombre et de sa descente aux enfers. © Dargaud