Librairie Latitudes
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Né dans une famille juive modeste (son père est marchand de bois et sa mère petite employée), il est déporté à Auschwitz en 1944, à l'âge de 15 ans, puis transféré à Buchenwald. Cette expérience douloureuse le marque profondément et nourrit toute son œuvre, intimement liée à l'exorcisation de ce traumatisme et à l'édification d'une patrie littéraire pour un être condamné à constater l'absurdité du monde car on lui a, un jour, « refusé le statut d'être humain ». Revenu en Hongrie, en 1945, il se retrouve seul, tous les membres de sa famille ayant disparu. En 1948, il commence à travailler comme journaliste. Mais le journal dans lequel il travaille devient l'organe officiel du Parti communiste en 1951, et Kertész est licencié. Il travaille alors quelques temps dans une usine, puis au service de presse du Ministère de l'Industrie. Congédié à nouveau en 1953, il se consacre dès lors à l'écriture et à la traduction. C'est la découverte d'Albert Camus (avec la lecture de L'Étranger) qui lui révèle, à 25 ans, sa vocation. La philosophie de l'absurde sera par ailleurs un modèle fondateur pour son œuvre. À partir de la fin des années 1950 et tout au long des années 1960, il écrit des comédies musicales pour gagner sa vie. Il traduit de nombreux auteurs de langue allemande, tels que Nietzsche, Hofmannsthal, Schnitzler, Freud, Roth, Wittgenstein et Canetti, qui ont eu une influence sur sa création littéraire. Dans les années 1960, il commence à écrire Être sans Destin, récit d'inspiration autobiographique, sobre, distancié et parfois ironique sur la vie d'un jeune déporté hongrois. L'ouvrage ne peut paraître qu'en 1975, pour un accueil assez modeste. C'est seulement après sa réédition, en 1985, qu'il connaît le succès. Tenu à l'écart par le régime communiste, Kertész ne commence à être reconnu comme un grand écrivain qu'à la fin des années 1980. Il obtient en 2002 le prix Nobel de littérature, « pour une œuvre qui dresse l'expérience fragile de l'individu contre l'arbitraire barbare de l'histoire ».
Imre Kertész (Budapest, 1929) sobrevivió a los campos de concentración de Auschwitz y Buchenwald, adonde fue deportado siendo adolescente. Tras su liberación, en 1945, volvió a Hungría a terminar sus estudios, y después de una breve incursión en el periodismo comenzó a escribir piezas teatrales y guiones cinematográficos, al tiempo que desarrollaba una importante carrera como traductor. A partir de su primer libro, Sin destino (1975; Acantilado, 2001), su obra ha estado atravesada por una profunda interrogación ética sobre la que planea la sombra de los totalitarismos del siglo xx. En 2002, recibió el Premio Nobel de Literatura. Entre sus obras destacan Sin destino (1975; Acantilado, 2001), Fiasco (1988; Acantilado, 2003), Kaddish por el hijo no nacido (1990; Acantilado, 2001), La bandera inglesa (1991; Acantilado, 2005), Diario de la galera (1992; Acantilado, 2004), Yo, otro (1997; Acantilado, 2002), Liquidación (2003) y Un relato policíaco (2007).
Né dans une famille juive modeste (son père est marchand de bois et sa mère petite employée), il est déporté à Auschwitz en 1944, à l'âge de 15 ans, puis transféré à Buchenwald. Cette expérience douloureuse le marque profondément et nourrit toute son œuvre, intimement liée à l'exorcisation de ce traumatisme et à l'édification d'une patrie littéraire pour un être condamné à constater l'absurdité du monde car on lui a, un jour, « refusé le statut d'être humain ». Revenu en Hongrie, en 1945, il se retrouve seul, tous les membres de sa famille ayant disparu. En 1948, il commence à travailler comme journaliste. Mais le journal dans lequel il travaille devient l'organe officiel du Parti communiste en 1951, et Kertész est licencié. Il travaille alors quelques temps dans une usine, puis au service de presse du Ministère de l'Industrie. Congédié à nouveau en 1953, il se consacre dès lors à l'écriture et à la traduction. C'est la découverte d'Albert Camus (avec la lecture de L'Étranger) qui lui révèle, à 25 ans, sa vocation. La philosophie de l'absurde sera par ailleurs un modèle fondateur pour son œuvre. À partir de la fin des années 1950 et tout au long des années 1960, il écrit des comédies musicales pour gagner sa vie. Il traduit de nombreux auteurs de langue allemande, tels que Nietzsche, Hofmannsthal, Schnitzler, Freud, Roth, Wittgenstein et Canetti, qui ont eu une influence sur sa création littéraire. Dans les années 1960, il commence à écrire Être sans Destin, récit d'inspiration autobiographique, sobre, distancié et parfois ironique sur la vie d'un jeune déporté hongrois. L'ouvrage ne peut paraître qu'en 1975, pour un accueil assez modeste. C'est seulement après sa réédition, en 1985, qu'il connaît le succès. Tenu à l'écart par le régime communiste, Kertész ne commence à être reconnu comme un grand écrivain qu'à la fin des années 1980. Il obtient en 2002 le prix Nobel de littérature, « pour une œuvre qui dresse l'expérience fragile de l'individu contre l'arbitraire barbare de l'histoire ».
Imre Kertész (Budapest, 1929) sobrevivió a los campos de concentración de Auschwitz y Buchenwald, adonde fue deportado siendo adolescente. Tras su liberación, en 1945, volvió a Hungría a terminar sus estudios, y después de una breve incursión en el periodismo comenzó a escribir piezas teatrales y guiones cinematográficos, al tiempo que desarrollaba una importante carrera como traductor. A partir de su primer libro, Sin destino (1975; Acantilado, 2001), su obra ha estado atravesada por una profunda interrogación ética sobre la que planea la sombra de los totalitarismos del siglo xx. En 2002, recibió el Premio Nobel de Literatura. Entre sus obras destacan Sin destino (1975; Acantilado, 2001), Fiasco (1988; Acantilado, 2003), Kaddish por el hijo no nacido (1990; Acantilado, 2001), La bandera inglesa (1991; Acantilado, 2005), Diario de la galera (1992; Acantilado, 2004), Yo, otro (1997; Acantilado, 2002), Liquidación (2003) y Un relato policíaco (2007).
Le livre :
4ème de couverture : Ce court roman, écrit en 1976 par le prix Nobel de littérature, brosse le portrait magistral de trois types de "bourreaux" : le cynique, le tortionnaire et le suiveur. Après la chute d'une obscure dictature, les hommes de main de l'ancien pouvoir sont assignés en justice. L'un d'eux, Antonio Martens, pour être en paix avec lui-même, confie un manuscrit à son avocat commis d'office : il s'agit du dossier Salinas, le cas tragique d'un père et de son fils broyés par le système. Policier ordinaire, Antonio Martens a été intégré à l'armée dès la mise en place de la dictature, ce qui représente pour lui une promotion considérable. Il y rencontre Diaz, son supérieur aussi charismatique que louche, et l'acolyte de celui-ci, le sadique Rodriguez. Tout commence par des filatures apparemment anodines, et quantité de citoyens irréprochables sont fichés. C'est alors que Rodriguez commande un instrument de torture qu'il compte bien utiliser. Martens se contente de fermer les yeux. Tandis que l'on recherche les rebelles à travers tout le pays, il affronte ses scrupules, trop faibles pour une véritable remise en cause, trop forts pour l'insouciance pure et simple. L'une des victimes du trio est un certain Enrique Salinas, fils d'un riche commerçant juif, qui se retrouve dans le milieu des opposants au régime un peu par désoeuvrement, un peu par bravade, mais aussi pour protester contre son père - un protégé du régime dont les affaires prospèrent. Alors que de nombreux jeunes opposants disparaissent dans les prisons secrètes de l'Etat ou succombent aux commandos d'exécution, le père d'Enrique, pour soustraire son fils à ses mauvaises fréquentations, prétend qu'il a lui-même rejoint secrètement une conspiration préparant des actions importantes, et qu'il a besoin de son aide. Il lui fixe des rendez-vous clandestins fictifs, lui confie des messages farfelus à transmettre, etc. Enrique s'exécute et ne fréquente plus les milieux terroristes. Les hommes de la police cependant, l'ayant déjà repéré, croient voir leurs soupçons justifiés. Ils finissent par arrêter le jeune homme, ainsi que son père. Malgré leur innocence évidente, père et fils sont soumis à la torture. Sans aucun résultat. Pour ne pas perdre la face, les services secrets les jugent et les fusillent. C'est donc ici un "bourreau" qui tente d'accéder à une rédemption par l'écriture, à l'instar des victimes dans d'autres oeuvres de Kertész. Par certains traits, en particulier le lieu de l'action, les nombreux dialogues et l'écriture classique rendant la lecture aisée, ce texte se distingue de l'ensemble de l'oeuvre de Kertész. Il devrait intéresser un lectorat très large, d'autant qu'il n'a rien perdu de son actualité...